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Pour lutter contre cette désertification, le Conseil de Paris a donc lancé une vaste réforme et la Ville a décidé de confier la gestion des kiosques à la société AAP, filiale à 49 % d'Hachette (groupe Lagardère) et à 51 % des NMPP (Nouvelles Messageries de la presse parisienne, filiale d'Hachette), qui gère également 320 kiosques en province, dont 60 à Marseille.
"NOUVEL EST PARISIEN"
M. Sautter se dit "satisfait" de cette réforme qui devrait profiter aux "Parisiens, qui ont du mal à trouver leur journal". Une situation qui pénalise au premier chef la presse quotidienne. Les kiosques à Paris réalisent, en effet, près de la moitié de leur chiffre d'affaires de presse avec les quotidiens nationaux. Ainsi, l'AAP a affiché en 2004 un chiffre d'affaires de 21,6 millions d'euros, dont 50 % avec les kiosques parisiens.
D'ici à 2010, l'AAP envisage de rouvrir 50 kiosques actuellement fermés et notamment une vingtaine dans le "nouvel Est parisien", comme les 12e et 13e arrondissements, à côté de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Elle pense également ouvrir 30 nouveaux mini-kiosques à horaires d'ouverture ciblés et allégés, pour compléter le maillage du réseau. Aujourd'hui, il n'en reste qu'un, de 4 m2, à Richelieu-Drouot. Ces mini-kiosques offriraient tous les quotidiens, les news magazines et moins de 100 publications adaptées au quartier. "On va aussi tenter d'inciter à l'ouverture les dimanches" , indique M. Abonnenc. Fin 2005, il faudra "avoir ouvert 20 kiosques, afin de terminer l'année en croissance" , poursuit-il.
Outre des actions de conseil et de formation spécifiques, l'AAP versera pour chaque kiosque, rouvert ou créé, une allocation de 2 000 euros afin de constituer un fonds de roulement. Par ailleurs, "pour pérenniser l'activité des kiosques actuellement en limite de viabilité" , une allocation annuelle de 6 000 euros sera versée si le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 100 000 euros, de 4 000 euros pour un chiffre d'affaires entre 100 000 et 130 000 euros et de 2 000 euros pour un chiffre d'affaires compris entre 130 000 et 170 000 euros. Un tiers des kiosques réalise un chiffre d'affaires annuel de moins de 170 000 euros. Au total, l'AAP investira 1,7 million d'euros par an, qui seront prélevés sur les recettes de l'affichage publicitaire.
DÉCISION CONTESTÉE
Autre changement, le traitement de la gestion des candidatures sera confié à l'AAP, mais la Ville garde le dernier mot. Pourtant, le Syndicat national des diffuseurs de presse (SNDP), proche de la CGT, un des deux syndicats de kiosquiers parisiens, avait appelé les élus de la capitale à voter contre la délégation de service public.
L'UMP, qui avait voté, en novembre 2004, pour cette réforme, s'est pourtant opposée à sa mise en oeuvre. "La Ville va à Lagardère !", a déploré Jean-François Legaret, maire UMP du 1er arrondissement. Certains dénoncent aussi la situation quasi monopolistique d'Hachette, qui détient, par ailleurs, les enseignes Relay.