Politiques
Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, revient sur
la crise du PS:
«La France a besoin d'une
alternative, la gauche aussi»
Par Paul QUINIO
vendredi 26 août 2005
«Le socialisme ça se rénove, mais ça se respecte aussi», a déclaré
hier à La Rochelle le premier secrétaire du PS François Hollande. En présence de
Lionel Jospin, il a répliqué aux attaques de la gauche du parti en disant sa
«fierté» d'avoir travaillé avec l'ex-Premier ministre. Chargé d'organiser
l'université d'été qui s'ouvre aujourd'hui, Jean-Christophe Cambadélis, député
de Paris et proche de Dominique Strauss-Kahn, revient sur les divisions entre
socialistes. «Combattre la droite, proposer à gauche» dit le programme officiel de La
Rochelle. C'est plutôt mal parti ? C'est vrai, c'est dangereux et cela doit s'arrêter. Le PS doit laisser aux
vestiaires ses querelles qui n'intéressent pas les Français. Le gouvernement est
en train de préparer la pire rentrée depuis trente ans, avec un chômage record,
une vie chère inouïe et des autoroutes privatisées. Alors que les 100 jours de
Dominique de Villepin s'apparentent à un Waterloo social, les socialistes
doivent engager dès maintenant la bataille pour le grand changement en
commençant par une opposition déterminée à la droite. Pourtant, plus que le gouvernement, c'est François Hollande qui est
aujourd'hui la cible des critiques au PS ? Après les victoires aux régionales et aux européennes, le PS a été
déstabilisé par le résultat du référendum du 29 mai. D'où la cacophonie ambiante
: manifestement, chaque minorité a un ou plusieurs candidats au poste de premier
secrétaire... Il y a urgence à reconstruire. Si la majorité sortante reste
majoritaire, François Hollande restera premier secrétaire. Pour organiser
l'alternative à la droite, il faut un PS solide, ancré à gauche, combatif contre
la droite et imaginatif dans ses projets. Cet objectif induit une majorité
stable, cohérente et amicale. Laurent Fabius peut-il en faire partie ? Laurent Fabius a quitté la majorité sur la question du référendum, ce n'est
pas la majorité qui l'a quitté. C'est donc à lui de dire s'il s'agit d'un
désaccord important mais dépassé ou d'un désaccord fondateur d'autre
chose... DSK est souvent soupçonné de préparer le retour de Lionel Jospin. Que
répondez-vous ? Le retour de Zidane en équipe de France favorise évidemment celui de Lionel.
Plus sérieusement, je ne crois pas qu'il ait envie de reprendre le brassard de
capitaine. En revanche, il a une idée très précise du fond de jeu et de la
tactique à adopter pour gagner notre prochain match... En cela, nous avons
besoin de lui ; il a sa place dans nos débats. DSK officiellement candidat à l'Elysée, c'est pour quand ? Dominique Strauss-Kahn se consacre aujourd'hui à la construction d'une
majorité stable, authentiquement socialiste. Il a des choses à dire à la gauche
et au pays.
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