Indépendance des médias
: Elkabbach répond à Bayrou
Le président d'Europe 1,
propriété de Lagardère, conseille au candidat UDF "de tourner sept fois la
langue dans la bouche". Ce dernier avait mis en doute l'indépendance des
médias.
Jean-Pierre Elkabbach en avril dernier
(Sipa)
Le président d'Europe 1,
Jean-Pierre Elkabbach a conseillé mardi 5 septembre à François Bayrou "de
tourner sept fois la langue dans la bouche", après la mise en cause par ce
dernier de l'indépendance des médias détenus par des groupes industriels. "Il
est arrivé à François Bayrou d'être mieux inspiré. Même François Bayrou, qui est
d'une grande intelligence, doit tourner sept fois la langue dans la bouche avant
de tenir de tels propos", a estimé Jean Pierre Elkabbach au cours de la
présentation de la grille de rentrée de la station de radio qu'il dirige.
"Aujourd'hui, tout média qui essaierait de tricher, de maquiller la vérité, se
tirerait une balle et disparaîtrait. Ce n'est pas possible", a ajouté le
président d'Europe 1.
Une intégrité garantie
"Les
Lagardère, croyez-moi, il (NDRL : François Bayrou) les connaît bien : ils ont
toujours eu des relations d'indépendance à l'égard des pouvoirs. Les sympathies
personnelles peuvent exister mais n'interfèrent jamais. C'est un principe", a
assuré Jean-Pierre Elkabbach. "L'efficacité et l'honnêteté sont les meilleurs
garants du professionnalisme et de l'indépendance (...) Heureusement que
certains grands groupes sont là pour aider la presse à se développer, à se
maintenir et à survivre dans toute son indépendance alors qu'elle est en crise
profonde"a-t-il ajouté. Il a assuré, entouré de nombreux journalistes et
collaborateurs d'Europe 1 : "Nous ne pourrions jamais être fiers d'être inféodés
aux ordres de tel ou tel. Cette station est le fleuron du groupe. Je vous
rassure : Arnaud Lagardère n'a jamais cherché à intervenir". En effet,
François Bayrou, le président de l'UDF avait accusé les grands groupes
industriels le 30 août d'"orienter" les Français vers un "choix tout fait" entre
Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) en 2007 à travers les médias qu'ils
possèdent.