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LA
GRANDE LESSIVE DE CERTAINS MAGISTRATS |
Participez à la Grande Lessive avec la tornade blanche "Défense des Citoyens", le 1er octobre 2004
au tribunal de grande instance de Paris à 13 : 30 contre la délinquance judiciaire et institutionnelle.
Venez
nombreux. Merci.
Action
Justice : http://www.ifrance.com/actionjustice/
Libération le
Perben
lessive le parquet à sa main
Il prépare un jeu
de chaises musicales très politique au sommet de la justice.
Par Jacqueline
COIGNARD et Dominique SIMONNOT
Mercredi
Chez les hauts magistrats, le grand bal est pour bientôt. Il ne sera pas joli à voir. Ce ne sont, dans le mouvement d'échiquier qui se prépare, que petits calculs stratégico-politiques. Où l'intérêt de l'institution elle-même paraît un critère bien secondaire. Un seul homme s'en va pourtant : le procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, prend sa retraite le 18 octobre. Mais d'après les rumeurs de palais, le retraité ne serait pas remplacé par l'un des plus éminents juristes de la Cour de cassation, comme Bruno Cotte ou Régis de Gouttes (respectivement président de la chambre criminelle et premier avocat général).
Selon les pronostics, plusieurs têtes devraient changer. «On en profite pour resserrer encore un peu
plus les boulons. On est déjà en 2007», commente un connaisseur. Ainsi, Jean-François Burgelin
céderait son fauteuil (honorifique et prestigieux) à l'actuel procureur général de la cour d'appel de
Paris, Jean-Louis Nadal. Qui lui même serait remplacé par Yves Bot, le procureur de la République de
Paris, arrivé en novembre 2002. Une promotion fulgurante, peu usuelle. Elle a cependant l'avantage
de dégager ce lieu névralgique de pouvoir pour Jean-Claude Marin, l'actuel directeur des affaires
criminelles et des grâces (DACG). Pour la DACG, poste ultrasensible du ministère par lequel transitent
tous les dossiers délicats ? Le nom de Michel
Dobkine, actuel procureur général de Nîmes, circule.
Chiraquien pur sucre. Le tandem procureur général-procureur de la république qui se profile dans la
juridiction parisienne, suscite (c'est peu dire) des commentaires réservés. Entre Jean-Claude Marin et
Yves Bot, c'est le choc d'une profonde inimitié. Et tout le palais de justice de Paris bruisse déjà des
futures algarades entre ces deux fortes personnalités passant une bonne part de leur énergie à
guetter les faux pas du voisin, à tenter de le neutraliser. D'aucuns parient qu'ils feront taire «leurs
dissensions narcissiques» parce que sur le fonds des dossiers, «ils sont en phase». Et aussi par
intérêt personnel. «Ils seront obligés de s'entendre et ils auront l'intelligence de le faire.» D'autres
ironisent : «On part du principe que tous ces gens-là sont excellents, et donc que tout ça va très bien
marcher.» Circule aussi l'hypothèse d'un affreux calcul. Promouvoir Yves Bot, c'est aussi se
débarrasser d'une sorte d'électron libre, réputé proche de Sarkozy et aujourd'hui au poste clé de
procureur de la République de Paris. Là où défilent la plupart des affaires sensibles. Et, ce au profit
d'un homme plus rassurant, chiraquien pur sucre. Et surtout, à la faveur de cette valse, l'un des
hommes qui s'est illustré de la pire des manières comme directeur de la DACG sous l'ère Toubon,
Marc Moinard, reviendrait à la chancellerie comme secrétaire général, fonction qui n'existe pas
encore.
«Supercopter.» Marc Moinard, baptisé «Supercopter» pour son intervention la plus calamiteuse :
l'envoi d'un hélicoptère dans l'Himalaya pour récupérer le procureur d'Evry dans une ultime tentative
d'enterrer l'affaire Xavière Tiberi. Mais plus chanceux, dans ses multiples interventions pour étouffer
d'autres dossiers RPR, dont ceux de Jean-François Mancel dans l'Oise. «Jamais le mot de morale n'a
été plus mal accolé à celui de justice»,
commente un haut magistrat.
L'idée de créer un secrétariat général ? «C'est bien. Si cela marche, c'est la première fois qu'on
arriverait à décloisonner la chancellerie», explique un ancien de la maison. «Actuellement, chaque
directeur défend son autonomie. Il n'y a que le directeur de cabinet, un politique à 100 %, qui peut
arbitrer. Or sur les dossiers comme ceux de la politique de la ville, tout le monde est concerné ; les
réunions sont interminables et c'est le directeur le mieux en cours qui finit par l'emporter», décrit-il. Sur
le papier, secrétaire général est une fonction administrative et son titulaire est censé présenter un
profil de technicien-technocrate. Personne n'imagine Moinard en administratif pur. «Son influence
dépendra des directeurs qu'il aura en face de lui, surtout à la DACG», analyse un autre connaisseur.
Même ceux qui apprécient son imagination créatrice de gestionnaire (initiateur des maisons de justice
et du droit, d'un bureau d'exécution des peines en temps réel à Bordeaux), ont du mal à oublier son
activisme débordant sur les dossiers politiques. «On récompense, pour services rendus, Marc
Moinard qui piaffe d'impatience dans son bureau de procureur général à Bordeaux et comme on ne
peut pas lui offrir un poste trop voyant... Mais c'est un retour en force, il sera un ministre bis !», prédit
un haut magistrat.
Rage. Tous se souviennent, entre ironie et rage, qu'en décembre 1996, Chirac avait entrepris une
grande réforme pour que plus jamais ne pèsent de soupçons d'intervention du pouvoir sur la justice.
Il parlait même de «l'indépendance du parquet» et avait confié une grande mission au premier
président de la cour de Cassation Pierre Truche. Une grande réforme aujourd'hui totalement enterrée.
Avec sa loi Perben 2, l'actuel ministre de la Justice consacre une reprise en main des parquets,
totalement assumée. Le ministre de la Justice fait même son entrée dans le code pénal, en tant que
patron des parquetiers. Une première. Un magistrat s'en étouffe : «Et là, c'est ahurissant ! On a reculé
de 25 ans, avec des nominations du fait
du prince !»
http://www.liberation.fr/page.php?Article=240337
Libération
le
Liste noire de profs magistrats
Douze juges seraient indésirables
aux yeux de Perben.
Par Renaud LECADRE
mercredi
'Union syndicale des
magistrats a dénoncé hier soir une «liste noire» de juges peu en cour établie
par le garde des Sceaux, Dominique Perben: «De telles pratiques dignes d'un autre âge sont
inacceptables en démocratie.» L'USM, principal syndicat du secteur, a réagi immédiatement et
vigoureusement à la publication d'un article du Canard enchaîné (en kiosque ce matin) narrant cette
ultime perbenade: son cabinet vient de transmettre au président de l'Ecole nationale de la
magistrature (ENM) une liste de douze magistrats indésirables, dont l'enseignement pourrait être
nuisible
aux futures générations de juge.
Selon le Canard, cette «fatwa» ne recense pourtant pas de dangereux gauchistes, mais plutôt des
indociles ou réputés tels. Figurent trois présidents de cour d'appel, mais aussi Jean-Claude Monier,
qui a récemment présidé le procès d'Outreau. Dominique Perben a démenti hier soir l'existence de
cette liste noire: «Il n'y a absolument rien de cet ordre.» Réplique du président de l'USM, Dominique
Barella: «Perben ne pouvait que démentir, mais cette liste noire a bien été transmise.» De fait, selon le
Canard, le président de l'ENM, Gilbert Azibert, n'aurait pas reçu d'instruction ministérielle formelle,
mais aurait accepté quelques suggestions sans plus d'état d'âme: Azibert lorgne sur le poste de
procureur général de Bordeaux, actuellement occupé par Marc Moinard, lequel devrait prochainement
être nommé secrétaire général de la chancellerie,
donc auprès de Perben (lire dessus).
Président Monsieur Claude KARSENTI.
Vice Président Monsieur André LABORIE.
Mail : defensecitoyens@wanadoo.fr