Un ex-conseiller de
Chirac nommé procureur général
Laurent Le Mesle,
ex-conseiller juridique du président, a été nommé procureur général de Paris. Il
sera saisi de la procédure visant le chef de l'Etat à la fin de son
mandat.
Laurent Le Mesle (Sipa)
Laurent Le Mesle,
ex-conseiller juridique du président Jacques Chirac, a été nommé procureur
général de Paris mercredi 13 septembre en Conseil des ministres, selon le
compte-rendu du conseil. Laurent Le Mesle remplace Yves Bot, nommé avocat
général à la Cour de justice des communautés européennes. Avant même d'être
officielle, l'annonce de la désignation de Laurent Le Mesle, actuel directeur de
cabinet du ministre de la Justice, avait suscité la colère de l'opposition de
gauche et des syndicats de magistrats. Le procureur général de Paris occupe
en effet un poste-clef pour le traitement des dossiers politico-financiers les
plus sensibles.
Gérer l'après-2007
L'Union syndicale de la
magistrature (USM, majoritaire) estime que la nomination de Laurent Le Mesle
vise à gérer l'après-2007, Jacques Chirac, s'il n'est plus à la tête de l'Etat,
risquant alors des auditions, voire des poursuites, dans certains dossiers
judiciaires visant la gestion de la mairie de Paris, qu'il a dirigée de 1977 à
1995. Dans un communiqué diffusé mardi soir, le Parti socialiste avait
annoncé son intention d'adresser une lettre au président Jacques Chirac dans
laquelle il lui demandait "solennellement" de renoncer à la nomination de
Laurent Le Mesle.
"Reprise en main politique de la
justice"
"Le Parti socialiste demande solennellement au président de
la République de renoncer à cette nomination et va lui adresser un courrier en
ce sens dès demain", avait indiqué mardi soir le bureau national du PS. Le PS
s'élève contre le fait que "le collaborateur le plus proche de Jacques Chirac
dans le domaine judiciaire" soit "saisi demain de la procédure judiciaire" le
visant, procédure qui "est suspendue jusqu'à la fin de son mandat". "La reprise
en main politique de la justice que le Parti socialiste dénonce depuis 2002
atteint là son paroxysme et renvoie à des pratiques d'une autre époque",
s'insurge le PS. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a insisté pour sa
part sur les "qualités de juriste" de ce magistrat de 55 ans, qui fut conseiller
à l'Elysée de 2002 à 2005.