JUSTICE EN HAUTE GARONNE

 

Par Alain VIDAL

 

Points de vues et commentaires

 

 

AFFAIRE ALEGRE Patrice

 

"Le soi-disant tueur en série"

 

L'ensemble des ouvrages écrits sur cette brûlante affaire n'est pas sans la découverte d'invraisemblables anomalies, sauf, bien sûr, si les textes relevés, n'ont qu'un seul objectif de nous égarer pour altérer la vérité ou du moins donner crédit à l'absence d'investigations qui aboutiraient, peut-être, à des révélations mettant en cause la "respectabilité"  de l'Establishment local, VIP et Notables (magistrats, policiers, gendarmes, médecins et autres.)

 

En ma qualité de Capitaine de Police à la retraite, après trente années passées sans le moindre incident avec le monde judiciaire, j'ai toujours servi avec honneur et en mon âme et conscience et il aura fallu une dernière affectation sur Toulouse, en pleine affaire ALEGRE, pour que je doute de la Justice, de la Hiérarchie pour avoir pris des dispositions contraires à ce qu'on attendait de moi.

 

Je dois préciser que tout au long de ma carrière, hiérarchie et magistrats m'ont accordé leur confiance et que je n'ai jamais été à l'origine de la moindre "erreur judiciaire".

 

Mais comme à Toulouse rien ne semblait être comme ailleurs, je me suis retrouvé, malgré moi, mêlé à la triste affaire ALEGRE et j'ai alors préféré quitter la Police fin 1997.

 

Je précise, qu'à ma demande, j'étais affecté à Toulouse le 02.01.1997 avec l'intention de parachever une carrière bien remplie pour une retraite normalement  prévue en avril 2000.

 

Je souligne au passage que je m'étais rendu compte, sans être le seul,  que dans la ville rose, Franc-Maçonnerie et Scientologie semblaient " régner en Maître" ce qui, en partie, peut expliquer bien des choses dans l'aboutissement de l'affaire en question…

 

C'est la raison pour laquelle, depuis 3 ans, j'ai voulu mener ma propre enquête, laquelle à ce jour touche à sa fin.

 

Ce que j'ai découvert dépasse l'entendement et, autant dire que je ne crois plus, ni à la liberté de la presse, ni à l'indépendance de la justice pas plus qu'à la séparation des pouvoirs.

 

Comme je n'ai jamais cru, dès le début de cette affaire, à la version " ALEGRE TUEUR EN SERIE "

 

De l'étude des différents ouvrages dédiés à cette affaire, je vais en résumer les invraisemblances relevées, celles les plus énormes pour ne pas dire les plus inadmissibles, peut-être pour les besoins de la cause.

 

I Homicide 31- Le Directeur d'enquête parle.

 

Je ne ferai aucun commentaire sur ce livre. Mes rapports, tout au long de ma carrière, avec la gendarmerie nationale ont été des meilleurs.

 

L'Adjudant ROUSSEL a fait correctement son travail. Il est toutefois déplorable que certains de ses collègues aient dit ou pensé le contraire par jalousie ou simplement parce que certaines investigations dérangent…et je sais de quoi je parle dans la présente affaire pour avoir recueilli sur la question quelques témoignages qui se passent de commentaires.

 

II PATRICE ALEGRE L'HOMME QUI TUAIT LES FEMMES.

 

Son auteur, Hugo RANKL, a, dans l'ensemble bien exposé les faits et tout laisse à penser qu'il était bien renseigné.

 

Ses allusions sur la quasi inexistence de la Police à Toulouse, durant de nombreuses années, sont hélas d'une grande éloquence comme il est fait état de "police en déshérence " (cf. page 87 et suivantes).

 

Sur ce point et au vu d'une telle situation, il est regrettable de constater que la justice toulousaine n'est jamais demandé des comptes à la Police placée directement sous l'autorité du Procureur de la République? Sauf, bien sûr, qu'il existait entre ces services justice-police des raisons pour qu'il en soit ainsi, une sorte de collusion en quelque sorte qui les obligeait réciproquement.

 

Pour moi, il ne fait aucun doute que Patrice ALEGRE a été "protégé" car il est impensable d'imaginer qu'aucun policier à TOULOUSE ait trouvé cette situation normale même par esprit de corps.

 

Aujourd'hui, j'ai tout compris et découvert les raisons profondes expliquant un tel désastre aux conséquences gravissimes que l'on connaît.

 

III. MES NUITS NOIRES DANS LA VILLE ROSE

 

 

Cet ouvrage, dont est à l'origine celle que l'on a longtemps désignée sous le pseudonyme de FANNY,  est  très révélateur et explicite de ce qui s'est passé à TOULOUSE des années durant.

 

J'ai eu toute latitude, ces dernières années, d'en corroborer  bon nombre d'éléments et je ne peux donc ni croire, ni accepter que son auteur ait pu en inventer le contenu.

 

D'ailleurs que ce livre, par décision de justice, ait pu être retiré à la vente au prétexte qu'un de ces personnages s'y reconnaissait sous le pseudonyme d'un reptile, ne peut que caractériser une décision arbitraire car rien ne permet concrètement, à la lecture de ce livre,  une telle reconnaissance d'un personnage clé à moins, bien sûr, que celle-ci par la pseudo-victime atteste des écrits de FANNY…véritable aveu.

 

Mais, là aussi, j'ai découvert la véracité des faits décrits et que les soirées décrites n'étaient pas imaginaires comme une grande partie des faits allégués.

 

Ce n'est d'ailleurs pas sans raison que le 30 avril 2004 un "pseudo juge d'instruction" a osé me mettre en examen de façon à me réduire au silence en me tenant les propos suivants: "Vous êtes né flic et vous mourrez flic" prenant cela comme un compliment de la part d'un fonctionnaire qui usurpe une fonction.

 

La vérité est que mes investigations ont du déranger et qu'il me fallait me faire taire par le biais d'une plainte "habilement manipulée" par un policier "mal à l'aise" et une ex-prostituée à qui je rendais visite, en tout bien tout honneur, dans le cadre d'une affaire traitée es-qualité d'Agent Privé de Recherches, activité dans laquelle je m'étais quelques temps reconverti après mon départ de la "Grande Maison".

 

Autant dire que cette mise en examen de Mme DOURNES Martine ne trompe personne au point qu'à ce jour, son ordonnance illégal de renvoi du 13.01.2005 devant le tribunal correctionnel apparaît comme l'épée de Damoclès au-dessus de ma tête puisque non suivie d'effet….pour en débattre publiquement évoquant au fond l'affaire et sa fonction usurpée puisque abrogée depuis le 01.01.2001 par la suppression de l'article 47 de la loi 2000-516 du 15.06.2000 dite de présomption d'innocence publiée au JO n° 138 du 16.06.2000.

 

Un point positif important est à noter dans ce livre, les propos de son auteur qui relate le meurtre de la prostituée Line GALBARDI qui sont mots à mots ceux des aveux prononcés par Patrice ALEGRE devant le doyen des juges d'instruction M. LEMOINE et ceux de la lettre adressée à Karl ZERO….

 

Fanny conclut ainsi son livre:

 

" "Et pourtant ceux qui m'ont fait du mal sont le plus à plaindre. Ils ont beau se parer des oripeaux de la vertu bafouée, quand ils rentrent dans leurs foyers où la suspicion rôde (songez à leurs épouses, à leurs enfants…), ils tremblent et trembleront encore longtemps. Car si moi, je n'ai rien à gagner dans ce combat inégal à part de nouvelles blessures, eux, si un jour la vérité sort de leur puits aux relents de cloaque, ils ont tout à perdre";

 

 

 

IV  LE BUCHER DE TOULOUSE

 

En dépit de la personnalité des rédacteurs de ce livre, MM Mathieu ARON et Marie-France ETCHEGOIN, il apporte une conclusion : "Blanchir à tout prix de cette affaire un notable très connu" .

 

Qu'il me soit permis, au risque de les décevoir, de souligner que je suis très réservé sur bien des passages de cet ouvrage…

 

 

V L' ETRANGE AFFAIRE ALEGRE

 

Ses auteurs, le médiatique Gilbert COLLARD et son confrère Edouard MARTIAL, tous deux avocats, mettent en évidence certains points obscurs du dossier sur lesquels, une fois n'est pas coutume, je les rejoins.

 

Affaire Valérie TARIOTE:

 

A la page 33 : " Incroyable mais vrai: aucun policier, aucun juge d'instruction , n'estimera utile d'examiner les empreintes qui souillent les objets contenus dans le sac"

Un seul mot s'impose de ma part "Horreur" car un tel comportement devrait justifier pour le moins des sanctions.

Hélas, il n'y en aura pas…C'est regrettable car, si chacun des acteurs concernés avait fait son travail, Patrice ALEGRE aurait été rapidement identifié, arrêté et de nouvelles victimes auraient été épargnées.

 

En effet, depuis 1985 la Police possédait ses empreintes? Cela paraît tout simplement incroyable?  à moins que…

 

Affaire Laure MARTINET

A la page 41: "Comment Patrice ALEGRE a t'il pu échapper à un prélèvement ADN pratiqué  sur les habitués du Bar de Saint Genies de Bellevue?"

 

Alors qu'il se trouvait en ce lieu avec son frère Nicolas. Il a simplement réussi à s'éclipser sous le nez des gendarmes. On rêve! Je n'hésiterai pas à parler d'une complicité car l'ancien policier que je suis ne peux pas trouver d'autre explication à une telle situation.

 

Je ne puis admettre l'idée de "chance" tant la complicité est évidente. Il est donc désormais acquis qu' ALEGRE" était "bien couvert" à la fois par des policiers et des gendarmes et cela ne me surprend guère après tout ce que j'ai découvert. Et, si par bonheur, je connaissais les noms des intervenants dans cette opération, nul doute que mon opinion confirmerait alors une réalité.

 

Affaire Martine MATIAS

 

Aux pages 44-45, ma hiérarchie m'a désavoué sur ce dossier dans lequel j'intervenais le premier pour conclure, sans le moindre doute, à un crime mais, le soir même, cette constatation   laissait place au "suicide". J'ai alors quitté la Police. ALEGRE a reconnu le meurtre dans sa version habituelle…

 

Bien que déjà jugée, nous aurons l'occasion de reparler de cette affaire car il y a de mon avis, dans ce dossier, une collusion Police/Gendarmerie. Qui tient qui? Facile à dire et, encore mieux, à démontrer, à Toulouse, il est vrai, on ne cherchait pas trop…et de surcroît, lors du procès aux Assises, le policier PORTA déclarera "oui mais il y avait ma hiérarchie" (sic)!

 

Affaire Line GALBARDI et Claude MARTINEZ

 

Dans ces dossiers, les aveux de Patrice ALEGRE au juge d'instruction LEMOINE sont en tous points identiques aux versions rapportées par FANNY dans son ouvrage "Mes nuits noires dans la ville rose", du moins en ce qui concerne l'affaire GALBARDI .

 

Tout laisse donc penser que sur ce point, elle n'a pas menti. Curieusement, il se rétractera quand entrera en scène son nouveau Conseil Me COLLARD…

 

Depuis, de nouveaux éléments interviendront en regard d'une nouvelle affaire dans laquelle, là encore, ce même avocat apparaîtra. (mort du juge ROCHE alors en fonction à la cour d'appel de Montpellier)

 

J'ai défendu Patrice ALEGRE

 

je félicite au passage son auteur Me Pierre ALFORT, le défenseur d' ALEGRE durant 6 années  ainsi que son confrère Laurent BOGUET, vu la difficulté de leur tâche.

 

Page 17: Beaucoup à Toulouse  connaissait Patrice ALEGRE en septembre 1977. Surtout les habitués des boîtes de nuit où il jouait les videurs.

 

D'autres savaient qu'ils pouvaient, par son entremise, se procurer toutes sortes de drogues et que lui-même était cocaïnomane.

 

Beaucoup…mais visiblement pas les policiers et gendarmes Toulousains puisque jusqu'à cette date, ils ne l'avaient jamais arrêté…sauf en 1985, pour vol d'une mobylette. J'ai envie d'en rire et même d'en pleurer, mais de rage…A part çà, ALEGRE n'était pas protégé…et ce ne sont pourtant pas les preuves qui manquent.

 

A la page 107: Lors de l'audience des Assises, Patrice ALEGRE dira au Président TREILLES: "Sur les faits, je me suis expliqué. Il n'est dans l'intérêt de personne que j'en rajoute. Je ne peux pas." Pourquoi? "Ce serait inutile" Trop difficile? ALEGRE répondra : "tout à la fois"

 

A elle seule, cette réponse d' ALEGRE est tout un aveu. Il laisse clairement entendre qu'il y avait d'autres personnes derrière lui  qu'il ne veut pas citer eu égard aux personnalités en cause, et, pas n'importe lesquelles.

 

A la page 110: Le policier LAURUT dans le dossier TARIOTE reconnaît que la police Toulousaine possédait les empreintes d' ALEGRE mais qu'il n'existait pas de fichier informatisé à l'époque des faits. De qui se moque t'il ce minable? De mon temps, il n'y en avait pas non plus mais il ne fallait pas longtemps pour comparer des empreintes relevées sur une scène avec celles contenues dans le fichier du SRPJ.

 

Ce policier aura l'audace d'ajouter; "une telle chose ne pourrait pas se passer aujourd'hui" Bravo! Le pire vient de l'intervention de l' avocat général GAUBERT qui en rajoute: "il aurait fallu comparer 1.2 millions d'empreintes! Ce qui est archi-faux.

 

Soit M. GAUBERT ne connaît rien au fonctionnement d'un fichier d'empreintes digitales (alors il serait excusable et aurait mieux fait de se taire) soit, je n'ose y penser, et pourtant ….collusion quand tu nous tiens! …

 

Le Président TREILLES dira "le système policier et judiciaire s'est lourdement trompé" C'est regrettable et trop facile.

 

Mais, dans une France en déclin, il ne semble y avoir que des irresponsables excluant par là même toutes sanctions.

 

A la page 113: Dans l'affaire MARTINET, ALEGRE reconnaîtra que le frère de la victime était un ami de son frère, et, curieusement il ne la reconnaîtra pas lorsqu'il l'a prise en stop…De qui se moque t'il?

 

A la page 117: Dans l'affaire Martine MATIAS, Patrice ALEGRE déclarera : "je l'ai rencontré au QUICK, il y avait une place en face d'elle. On est resté à peu près une demi heure, on a parlé de boxe, on avait quelques amis communs et on s'est donné rendez-vous pour se revoir le 10 février."

 

Il est regrettable qu' ALEGRE n'ai pas précisé de quel QUICK il s'agissait. Peut-être celui voisin d'une discothèque dénommée CHARLESTON ? Etablissement tenu par un gérant du nom de DUPONT?

 

Ces déclarations sont peut-être vraies, ils pouvaient avoir un ami commun celui qui serait à l'origine de sa mort, via Patrice ALEGRE, son commanditaire en quelque sorte.

 

Je ne perds pas de vue lorsque je remettais mon procès verbal de transport sur les lieux et constatations à la Brigade Criminelle Toulousaine, l'un des commandants m'avait fait allusion à un "suicide consécutif à une déception sentimentale".. N'en savait il pas plus qui ne voulait le laisser entendre? Aujourd'hui encore, je me pose la question.

 

A la page 118: ALEGRE, qui avait été  voisin, dans le passé, du domicile de Martine MATIAS prétendra ne pas la connaître avant leur rencontre au QUICK…ce qui laisse perplexe alors que les témoins de la liaison de la victime avec le commanditaire de son meurtre sont nombreux,.et,  là encore, aurait il fallu les interroger… comme je pense qu'un gendarme connaissait ledit commanditaire.

 

Face à la calomnie

Son auteur, Dominique BAUDIS écrira page 224: "Le 17.09.2003, je rencontre pour la première fois Monsieur BOURRAGUE dans le couloir du tribunal alors que je me rends chez le juge. Auparavant, je ne le connaissais que pour avoir vu sa photo dans le journal."

 

Cela ne me paraît pas  l'exacte vérité car à en croire de nombreux témoins, ces 2 personnes se seraient, dans le passé, côtoyés à plusieurs reprises, notamment dans des soirées particulières.

 

Rappelons pour mémoire  que leurs noms seront évoqués par le tueur Patrice ALEGRE dans ses déclarations à la justice sur le meurtre du travesti Claude MARTINEZ qui déclarera sur ce point: "C'est sur l'ordre de ces deux personnes que j'ai tué Claude MARTINEZ. La décision avait été prise à l'occasion d'une soirée qui avait eu lieu dans une maison de Maître non loin de Toulouse…"

Curieusement, Florence KHELIFI tiendra des propos très voisins de ceux d' ALEGRE dans son ouvrage  "Mes nuits noires dans la ville rose"

 

Or, tout laisse à penser qu'ils ne se sont pas "contactés" pour donner une version quasi identique puisque Patrice ALEGRE était incarcéré depuis octobre 1997 et que l'ouvrage sus évoqué est paru en juin 2004….

 

Il est pourtant difficile d'admettre que M. BAUDIS ne connaissait pas M. BOURRAGUE de par ses fonctions de magistrats dans une ville où lui même en était le premier magistrat?

 

L'enquête aurait du vérifier le bien fondé de cette déclaration et on sait les inquiétudes soulevées par cette affaire chez M. PERBEN dès 2003 (Cf le journal de Haute Marne) .

 

 

Conclusions de cette première partie

 

Tout au long de l'enquête, Patrice ALEGRE a honteusement menti. Certains magistrats, gendarmes et policiers ne se sont pas montrés trop curieux car ils ne voulaient pas s'en donner la peine tant l'affaire était glauque.

 

Des éléments recueillis, on peut dire que des années durant, l'ensemble des services de l'Etat de la ville de Toulouse, par le laxisme et les turpitudes de certains de leurs agents, a indéniablement contribué à l'origine de ce qui a été l'aboutissement et l'explosion finale  de " l'affaire Patrice ALEGRE".

 

Les zones d'ombre subsistent encore dans cette affaire. Connaîtrons nous un jour la vérité vraie?

 

Les ex-prostituées sont mises en examen, des non lieu sont prononcés et la bataille juridique se fait autour de la dénonciation calomnieuse des uns et des autres comme l'attestent les pièces entre les mains de DEFENSE DES CITOYENS partie civile intervenante devant la 17ème chambre correctionnelle du TGI de Paris.

 

Jusqu'au propre frère de FANNY qui s'en prend à sa sœur auteur d'un livre censuré "Mes nuits noires dans la ville rose"

 

Cette ville rose où la justice fonctionne comme nulle part ailleurs:

Affaire BORREL dont l'épouse  a tout vu et tout entendu et qui porte un jugement sur le Procureur Général M. VOLFF…

Affaire THEVENOT, substitut venu de Nice impliqué dans une affaire de pédophilie muté sur  Toulouse où il sévit de façon étonnante ce qui lui vaut une citation à comparaître,

Affaire Jean Luc LEMPERNESSE condamné à 20 ans puis acquitté…

Affaire PELLO, la fin trop brève d'une enquête trop longue que la justice classe comme cela arrive régulièrement à la cour d'appel de Toulouse (Le figaro par Aziz ZEMOURI du 04.08.2006)

 

 

 

                                   AFFAIRE ALEGRE Patrice

 

                                            2éme Partie

 

 

                  Dans la première partie de mon article je laissais entendre sans ambiguïté possible que l'ensemble des dossiers se rapportant à l'affaire ALEGRE n'avaient été que superficiellement traités.

 

                  Quant au second aspect, celui baptisé « des notables et des soirées chaudes «  dans la ville rose, il avait été rapidement instruit et s'était soldé par un non lieu général  mettant un terme aux accusations  portées contre des policiers et notables, qui, aidé par une presse aux ordres, voire muselée, via le pouvoir politique, trouvait ainsi une fin judiciaire heureuse et avait le grand avantage de faire, dés lors, cesser une soi-disant rumeur pour le citoyen naïf que constitue, à mon grand regret la majeure partie des Français.

 

                  Cependant, l'inexistence légale à la date de cette décision du Juge d'instruction dont il a été parlé dans la première partie, ne pouvait que rendre nulle cette dernière.

                  De surcroît, il appert qu'une violation flagrante des dispositions de l'article 83 du Code de  Procédure Pénale en ferait une seconde cause de nullité .

                  Sans entrer dans les détails, deux magistrats avaient été désignés par le Président du TGI Toulousain pour instruire ce second volet du dossier, sans que l'un d'entre eux  n'ait été désigné  es qualité de Juge coordinateur, de sorte que ladite ordonnance devait obligatoirement être cosignée par les deux Magistrats, ce qui n'a pas été le cas.

 

                  Mais que les honnêtes gens se rassurent, il y a des exceptions à l'opinion peu flatteuse que je  viens  d'émettre sur mes compatriotes car j'ai rencontré ces dernières années  des personnes courageuses, qui me permettent d'affirmer, sans  doute possible, que  tout ce qui a pu être dit sur ce second volet  de l'affaire ALEGRE n'était pas une vue de l'esprit mais bien le reflet d'une  vérité flagrante.

 

                  En tout premier lieu, quelle ne fût pas ma stupéfaction d'apprendre que dans les années 88-89 une jeune fille mineure avait  été employée dans les locaux

 du Commissariat Central de TOULOUSE. Si j'en crois sa date de naissance, elle avait maximum quinze ans. Pire encore, cette même personne  réapparaîtra dans le dossier ALEGRE comme prostituée à l'âge de 17 ans. Fait avoué et reconnu puisque son proxénète sera condamné en correctionnelle de ce chef.

                 

 

 

S'agissant d'une mineure, il aurait en principe relevé de la Cour d'assises, mais je ne m'étendrais pas davantage sur ce détail n'ignorant pas la pratique dite de la correctionnalisation qui consiste à ne pas tenir compte d'une circonstance aggravante et donc de traduire son auteur devant cette juridiction.

 

                  Enfin, cette même personne affirmera avoir été violée par son « Mac », ALEGRE et un notable et là, comme par enchantement, pas de suite. Etrange...bien que ces faits gravissimes se soient soldé pour cette jeune victime par une hospitalisation avérée.

                  Qui pourra répondre à une question toute simple :  Est-il normal qu'une mineure ait pu travailler dans un Commissariat ? Et à quel titre ? D'avance merci.

                   Il est vrai que plus récemment, il était possible de découvrir par le biais d'une émission télévisée, qu'une ancienne secrétaire du Tribunal ou cour d'appel de Toulouse   s'était reconvertie Escort-Girl..... .

                  Reconnaissons là que Police et Justice à TOULOUSE semblent être quelque peu en mauvaise posture, car, si  tous les chemins mènent à ROME, ils ne mènent pas tous vers la luxure..... Mais peut être s'agit-il là d'une simple coïncidence !

                  Quoiqu'il en  soit, une chose est certaine, l'affaire ALEGRE remonte loin dans le temps et des personnes honorables et d'âge respectable se souviennent des personnages qui fréquentaient la maison de NOE. L'un d'entre eux n'hésitant pas à laisser entendre, sûrement pour justifier ses passages fréquents en cette demeure, qu'il désirait s'en rendre acquéreur.....

                  D'autres témoins nous apprendrons que courant 87-88,à l'issu d'un repas dans une discothéque renommée de  la capitale des violettes en compagnie d'un notable également visé ans l'affaire ALEGRE, la personne l'accompagnant, en remontant dans son  véhicule notera qu'il y régne une odeur particulière. Il aura la bonne idée d'ouvrir le coffre et, stupéfaction, y découvrira la présence d'un cadavre.

                  Il confiera alors à ses proches qu'à TOULOUSE, il se passait des choses tés graves ...Mais, il semblerait qu'à priori, on ne signalera pas cette découverte, comme

cela  aurait du être le cas, à la Police.

                  Il apparaîtra même que d'autres personnes auraient été, en son temps au courant de la macabre découverte et que, même, un patron de bar du centre ville aurait pu en « parler ». Enfin bref, cet individu aurait été retrouvé mort à son domicile...

                  Découvrons également qu'un des Magistrats cité d     ans ce sulfureux dossier « était au mieux » avec une tenancière de bar dit « Américain » où il passait de nombreuses soirées dans cet établissement à la superficie des plus modeste mais au nom évoquant un bâtiment  que  l'on trouve à VERSAILLES...Ce monsieur était très connu des autres établissement semblables situés  en divers points de la ville rose.

 

                  Très dévouée pour ses amis, cette personne organisait des soirées très chaudes, se chargeant même de trouver les lieux ou demeures pour ce faire. Il paraît même qu'elle organisait des soirées « spéciales flics » Les témoins sont fort nombreux pour attester que sur le quai où était situé cet établissement c'est à longueur de nuit que les véhicules y stationnaient et que même des policiers s'y trouvaient à demeure.

                 

                  Ces soirées se passaient dans les environs de TOULOUSE et même dans des établissements de départements limitrophes.

 

                  Il va de soi, que ce n'est pas n'importe qui que l'on rencontrait en pareils lieux, mais des personnes relativement aisées telles que : Chefs d'entreprises, (travaux publics, bâtiment, concessionnaire automobile, avocats, hommes politiques, élus, médecins  notables de  tous bords etc). L'un d'entre eux, particulièrement violent se travestissait en moine pour assouvir ses fantasmes.......

         Je n'oublie pas non plus  certains de mes anciens collègues, ou gendarmes, sans nul doute moins aisés mais pouvant à leur niveau rendre quelques menus services.....

 

                 

Selon les aveux d'une tenancière il y avait parfois jusqu'à soixante dix personnes par soirée, de préférence masqués (mais dans la nuit, les masques tombaient d'eux mêmes ) et ainsi tout ce « beau monde » se reconnaissait. Il a même été indiqué que chaque participant réglait la somme de 4000 francs.

 

                  Dans la première partie de  mon exposé, je faisais allusion au meurtre d'une des victimes de Patrice ALEGRE dont j'avais eu à connaître et qui m'avait valu un total désaveu tant de mes collègues que de la Justice et je ne manquais pas de faire allusion à un gérant de discothèque et à un Gendarme.

 

                  C'est à croire que je ne devais pas me tromper, une fois de plus, puisque à la  lecture de certains articles récents, ces personnages reviennent au premier plan de l'actualité. Et, là  encore, on semble prendre le lecteur pour un demeuré. Quelle honte.....

 

                  Egalement on reparle  de l'affaire Line GALBARDI. Mais, on est toujours dans l'incapacité d'identifier le Magistrat fantôme intervenu sur la scène du crime en dépit des déclarations d'anciens policiers qui le désignent nommément. Pauvre France....Ce n'est pas ans raison que je parle souvent du « déclin français... »

 

                  Il faut aussi que les lecteurs sachent que lorsque l'affaire ALEGRE éclatera et que des mutations interviendront au sein de la Police Toulousaine, les patrons du moment seront discrètement mutés à l'I.G.P.N. Cela ne devra pas être je pense exempt de toute arrière pensée.........

                  D'ailleurs la suite de l'enquête semblera aller dans ce sens puisqu'à aucun moment les policiers mis en cause ne seront confrontés aux parties civiles à l'origine de leur dénonciation.

 

                  Mais, il n'en reste pas moins que de nombreux points soulevés sur l'existence des soirées dites sado-masochiste seront confirmés par de nombreux témoins rencontrés ces dernières années.

 

                  Jusqu'à certains fonctionnaires de police qui en aparté, confieront à des proches qu'un des notables mis en cause se déplacera en la circonstance par la voie des airs. En l'occurrence un hélicoptère de couleur blanc. Détail qui jusque là n'avait jamais été relaté.

 

                  Mais comme il est des propos qui dérangent, certains de ces témoins sont à ce jour décédés.

                  Ainsi l'un des policiers trouvera la mort en 1988 dans un soit disant accident de la circulation survenu  dans des conditions telles que la question se posera sérieusement de savoir s'il s'agissait réellement d'un accident.....

                  Egalement, des dames ayant pris  part  à ces soirées seront elles aussi retrouvées curieusement mortes car, aux dire du témoin, elles auraient trop parlé.....

                  Jusqu'à un Magistrat qui sentant sa mort prochaine éprouvera le besoin au cours du dernier trimestre 2002 de « confesser » à ses enfants qu'il a fréquenté avec d'autres de ses pairs des soirées orgiaques se soldant par des sacrifications d'êtres humains. Pis encore, il donnera certains noms d'entre eux qui, comme par hasard, réapparaîtront dans le dossier ALEGRE....

                  Il était temps..... En effet il décédera en Mars 2003. Ses enfants n'en seront avisés que plus tard alors que son corps aura été incinéré. Ce dernier point ayant, de son vivant, toujours été rejeté par le défunt.

                  Si l'affaire a été médiatiquement soulevée en son temps elle n'aura eu que pour principal effet que de causer de graves déboires à ses enfants.

                  Mais, là encore,la lumière ne sera jamais faite et la moindre enquête sur le passé de la victime sérieusement entreprise. Cela ne peut être que regrettable.

                  Point important, ce témoin aura même indiqué à ses enfants que des mineurs auraient pu être « sacrifiés » lors de ces soirées.

                  Cela ne me surprend guère. En effet, j'ai toujours été persuadé que dans l'affaire ALEGRE des mineurs y avaient également été mêlés rejoignant en ce sens les dire d'autres témoins.

                  Quant aux majeures retrouvées mortes, elles aussi avaient du être un peu trop bavardes, d'où une exécution radicale.

                  Un certain Claude MARTINEZ a quant à lui été exécuté car il avait eu la mauvaise idée de filmer certaines soirées.....

                  C'est peut être pour échapper à une mort certaine qu'un propriétaires de boites dites « libertines » originaire des Hautes-Pyrénées, aura remis certains films, photos ou vidéos à la Justice de la ville rose. Au fait qu'en est-il advenu ?  Désormais ces Magistrats ne peuvent faire à moins que de savoir quelles étaient les personnes représentées sur ces documents. Mais là encore, silence total. On serait même capable de nous invoquer le « secret défense...... »

                  A titre personnel, je dois reconnaître que durant mon bref séjour à TOULOUSE, j'aurais été quelque peu surpris de constater que la prostitution y apparaissait comme tout ce qu'il y a de plus naturel. Ces dames n'hésitant pas à racoller « au nez et à la barbe » de la Police puisque tous les soirs elles faisaient légion de part  et d'autre du canal à proximité duquel se trouve l'actuel Commissariat Central.

                  Je n'avais jamais connu une telle situation dans les autres villes où il m'a été donné d'exercer.

                  Enfin, j'ai repris confiance depuis que j'ai constaté ces derniers mois à la lecture de la presse que des collégues avaient repris les choses en mains en procédant à la fermeture de certains bars  ou maisons de rendez-vous,tant à l'intérieur de la  ville qu'à l'extérieur. Je les en félicite.

         Espérons toutefois qu'après le désastre, pour une fois reconnu d'OUTREAU, on ne mettra pas cinquante ans pour élucider en totalité l'affaire ALEGRE. Si tel était le cas cela me rappellerait une autre affaire que je connais bien, celle dite « L'affaire MIS  et THIENNOT.....Sans commentaires.

                  Pour être complet je me dois de faire une allusion au rôle joué dans l'affaire ALEGRE par certains médecins légistes.

                  Deux d'entre eux particulièrement visés dans ce dossier, je les ai connus. Peu de temps il est vrai puisque mon séjour dans la Police toulousaine n'a été que de courte durée.

                  Avec eux, j'ai assisté à des autopsies et, je dois dire qu'à aucun moment ils ne m'ont permis de penser qu'ils pourraient être capables de commettre les erreurs qui leurs sont reprochées.

                  Alors je ne vois à cela qu'une explication : il fallait « aider » les autres. Et comme l'affaire ALEGRE n'est en fait qu'une monstrueuse histoire de « tioul» * comme on, dit dans notre patois (les initiés comprendront) tout ce beau monde a fait jouer la solidarité.          C'est pas beau ça ?       La messe est dite....     (*tioul = cul )

                  Il est indéniable qu'au travers de ce dossier monstrueux notre Justice en a pris un coup. Alors, que faire pour redonner aux françaises et Français confiance en cette noble institution. Car je considère qu'il est anormal que tous nos Magistrats soient regardés de travers et même seulement, leur sérieux mis en doute. Car de nature honnête je me dois de reconnaître qu'en trente ans de carrière j'en ai connu de très sérieux et respectables.

                 

                  Pour ce faire, les mesures suivantes me sembleraient pour le moins judicieuses et radicales :

1)      Réinstituer le Magistrat Instructeur supprimé par la loi du 15 Juin 2000 avec pour les justiciables les conséquences que cela implique, c'est à dire la nullité des actes établis de cette date à ce jour puisque légalement ils sont frappés de nullité.

2)      Abroger sans délai le sacro-saint principe de l'autorité de la « Chose Jugée ». Car, hélas, bien des dossiers ont été source d'erreurs et il apparaît donc normal de pouvoir revenir dessus.

3)      Ne plus juger selon son « intime conviction, » mais seulement sur des faits avoués et corroborés par des éléments matériels probants. A défaut d'aveu de leur auteur, il va de soi que des preuves sérieusement établies suffisent (ADN par exemple ou tous autres témoignages sérieux et irréfutables).

4)      Responsabiliser systématiquement tous les auteurs contribuant à une bonne administration de la justice (Magistrats, gendarmes, policiers, experts etc....) surtout en cas de faute professionnelle grave et avérée)

5)      Enfin, cela va de soi, rejeter sans scrupule tous ceux qui dans ces corporations auront faillis à leur déontologie ou commis un acte grave indéniablement reconnu.

                 

                  Je n'ai jamais été un utopiste et le sérieux dont j'ai fait preuve tout au long de ma carrière me permet de donner cet avis sur la question.

                  Bien sûr, Politiques et Médias vont crier au scandale, mais, eux-mêmes ,ne contribuent-ils pas au quotidien à entretenir le doute et surtout à cacher la vérité à l'ensemble des français. Je pense ne pas être le seul  à parler ainsi......ni même d'être obligé de constater, que dans notre « douce France » notre démocratie en a pris un sérieux coup.......

                  En effet, certain nombre de mes compatriotes et amis,les plus courageux, cela va s'entendre, tiennent le même langage. Je préfére ne pas parler  des autres dénommés à une époque par un grand homme des « veaux » et de nos jours, selon le langage de « Navarro », des Mulets....

                  On pourra peut être me reprocher certaines choses, mais sûrement pas ma franchise.......

 

 

                                                     CONCLUSION

 

                  S'il est vrai que l'affaire ALEGRE est loin d'être close, je continue cependant à faire confiance à la justice de notre pays  et en l'ensemble de ses institutions, ce, malgré le désaveu cinglant dont j'ai été l'injuste victime pour une partie de ce dossier laquelle a été à l'origine de mon départ prématuré d'une institution à laquelle je m'étais totalement et sincèrement dévoué.

 

        

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                  « C'était le règne du pas de vagues... » ALAIN VIDAL, 58 ANS, ancien capitaine de police à Toulouse (Jean-Marc Ducos, Le Parisien, 8/03/2004)
ALAIN VIDAL, 58 ans, un ancien capitaine de police de Toulouse à la retraite, parle. Cet Ariégeois opiniâtre dénonce les curieuses méthodes d'enquête de ses collègues de la sûreté, aujourd'hui mis en cause dans plusieurs dossiers criminels. Cet inspecteur de la vieille école, reconverti un temps en détective privé, toujours bien mis, costume et cravate de rigueur, a été le premier à intervenir sur l'affaire de Martine Matias. Une secrétaire de direction chez Siemens, assassinée et torturée par Alègre le 10 février 1997 dans son appartement de la rue des Anges. Le capitaine Vidal évoque d'emblée le matin de la découverte du corps le 11 février 1997 dès 11 h 15, la piste criminelle pour cette affaire classée le soir même en suicide. Une thèse soutenue par la police contre les convictions de la famille Matias pendant sept mois. Jusqu'aux aveux de Patrice Alègre en septembre 1997 chez les gendarmes qui l'ont arrêté à Paris. Le capitaine Vidal, «écoeuré» par l'affaire Matias, a pris sa retraite anticipée à 52 ans. Mais depuis quelques mois, celui que les truands surnommaient le Confesseur a repris l'enquête à zéro. Quels éléments vous ont-ils fait douter du «suicide» de Martine Matias ? Alain Vidal. J'étais le premier sur les lieux après les pompiers avec une collègue. J'ai rédigé le procès-verbal de constatations. Dans la salle de bains, il y avait des traces de sang à l'évidence. Le salon était en désordre comme s'il avait été fouillé. Il ne faut pas être fin policier pour comprendre qu'avec deux départs de feu distincts dans le même appartement, la thèse criminelle était évidente, même pour un flic débutant. Des témoins avaient aussi entendu des cris de femme dans la nuit. C'était un meurtre. D'ailleurs, c'est l'un des premiers que Patrice Alègre a avoués aux gendarmes.
Qu'est devenu ce procès-verbal par la suite ? J'ai rendu compte au patron de la sûreté, le commissaire divisionnaire Gérard Authier, à l'époque, pour qu'il saisisse la brigade criminelle. Il est arrivé plus tard avec des collègues. Je ne sais pas ce qu'est devenu mon procès-verbal, si ce n'est que le lendemain matin, un commandant de la brigade criminelle, toujours en poste, m'a dit : c'est un suicide, tu t'es mis le doigt dans l'oeil, en invoquant une déception sentimentale sans autres arguments. C'est très faible. J'avais derrière moi trente ans de police et du flair. Je n'ai pas supporté cette défiance et j'ai pris une retraite anticipée.
Quelle était l'ambiance au commissariat central ? Je n'ai jamais vu cela en trente ans de carrière. Trop d'incompétences à répétition, c'est vraiment suspect. Les choses ne sont pas claires pour certains. Arrêtons de jouer les hypocrites. Il n'est pas possible qu'à Toulouse il y ait autant de suicides. Je ne suis pas là pour juger mais les faits m'ont donné raison pour l'une des victimes. Il y avait du laxisme et jamais les patrons ne venaient au contact des inspecteurs pour parler des affaires comme je l'ai connu dans d'autres services. Tout était très cloisonné. C'était le règne du pas de vagues.
Comment expliquez-vous ce revirement de vos collègues dans le dossier Matias? Le lieutenant qui a fait l'enquête sur ce dossier a joué le rôle de bouc émissaire car il était le dernier arrivé au service et influençable. On lui a sans doute dit de défendre cette thèse par solidarité avec les collègues. Moi, je débarquais, on n'avait pas de prise sur moi. Certains avaient sans doute de bonnes raisons de faire passer des crimes en suicide... Il faut savoir qui tient qui pour comprendre.
L'affaire Matias cache-t-elle autre chose ? Aujourd'hui, j'ai repris toute l'enquête à titre personnel. J'ai la conviction que Martine Matias a été exécutée sur commande. Ce n'est pas le meurtre d'un simple tueur en série comme on a voulu le faire croire. C'était un contrat. Son assassinat est lié au monde de la nuit toulousaine. Mon enquête progresse. Pourquoi parler si tard ? Je n'avais pas suivi l'affaire en 1997 mais j'avais gardé certains documents. J'étais écoeuré par les méthodes de travail et j'ai saisi la première occasion pour quitter cette police-là. Et je ne l'ai pas fait de gaieté de coeur. Je n'avais pas envie de me battre à l'époque. Mais avec le nouveau volet de l'affaire Alègre, j'ai compris qu'il y avait autre chose derrière. Et j'ai toujours aimé aller au fond des enquêtes.

«L'enquête sur ma soeur a été très sélective» MARIE-LOUISE MATIAS, la soeur de Martine (J.-M.D., Le Parisien, 8/03/2004)
MEME SI la justice, grâce aux aveux de Patrice Alègre, a fini par reconnaître le meurtre de Martine Matias, sa soeur est aujourd'hui écoeurée. «L'enquête sur la mort de ma soeur a été partielle, voire partiale. Ils ont choisi les témoignages les plus négatifs sans retenir les autres», explique Marie-Louise, qui de février à septembre 1997 s'est heurtée au mur des certitudes des enquêteurs de la sûreté. Le scénario du suicide de Martine est effarant. «Pour se suicider, ma soeur s'est attaché les mains dans le dos, a avalé du chloroforme, a été torturée, a subi des violences sexuelles, son appartement fouillé et incendié, j'aimerais bien que l'inspecteur Porta me livre ses convictions droit dans les yeux !», s'insurge cette soeur meurtrie par ce drame. Selon les policiers qui ont refait l'enquête après les premières constatations du capitaine Vidal, il ne pouvait y avoir meurtre car «jamais un meurtrier n'aurait laissé autant de traces». Le président de la cour d'assises, Michel Treilles, lors du procès d'Alègre en février 2002 avait vivement mis en cause le lieutenant Porta, auteur du rapport de synthèse. Le policier avait évoqué la «hiérarchie» avant de fuir la salle en courant.
«Ce procès était tronqué à l'époque. Il s'agissait de faire passer Alègre pour un simple tueur agissant par pulsion», s'indigne Marie-Louise qui entend bien demander des comptes à la police. Tout comme l'énergique Senussia Clément, la soeur aînée de Hajda Benyoucef. Depuis dix-sept ans, dans l'ombre, cette famille se bat contre la thèse du suicide, là aussi soutenue avec force contre les évidences par la sûreté. «Il faudra bien qu'on réponde à mes questions d'abord avant qu'on m'en pose, lance cette enseignante d'anglais qui vient de passer l'agrégation. Pendant des années, on nous a déconsidérés, traités comme des imbéciles, ça suffit. Il est temps qu'on nous entende car nous sommes d'abord des victimes», lâche Senussia.