UIMM
NOUVELOBS.COM
| 29.11.2007 | 16:43

Denis
Gautier-Sauvagnac (Sipa)
Denis
Gautier-Sauvagnac, l'ancien président de l'organisation patronale de la
métallurgie, a été libéré jeudi 29 novembre, après deux jours passés en garde à
vue à la brigade financière à Paris. Son arrestation avait eu lieu à la suite
d'une enquête menée sur des retraits d'espèces de près de 26 millions d'euros
présumés frauduleux.
Le parquet a décidé de ne pas engager des poursuites dans l'immédiat contre
lui. Le procureur n'ouvrira pas d'information judiciaire pour l'instant, et la
procédure reste donc sous son contrôle dans le cadre de l'enquête préliminaire.
"Nous verrons la suite de la procédure", a simplement déclaré son
avocat, Me Jean-Yves Leborgne.
Le choix de la qualification pénale des poursuites n'est pour l'instant pas
totalement arrêté.
26 millions d'euros retirés sur les comptes de l'UIMM
Denis Gautier-Sauvagnac s'était présenté mardi à une convocation au siège de la
Brigade financière, dans le XIIIe arrondissement. Dominique Renaud, sa
secrétaire qui opérait les retraits en espèces pour son compte, et qui avait
été placée en garde à vue mardi en même temps que lui, a aussi été libérée.
Il refuse de s'expliquer en détails sur les 26 millions d'euros - dernier état
du décompte - retirés à sa demande entre 2000 et 2007 sur les comptes bancaires
de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), au nombre de 47.
Ces faits sont susceptibles de constituer un "abus de confiance".
Jusqu'ici, Denis Gautier-Sauvagnac a expliqué aux policiers en marge d'une
perquisition que l'argent avait servi à "fluidifier les relations sociales".
Corruption et financements de syndicats ?
Un seul usage frauduleux des espèces, relativement limité par rapport au total
des retraits, a été mis au jour: Des "primes" en espèces pour des
dirigeants de l'UIMM non déclarées au fisc, ainsi que des "prêts" en
espèces déclarés ou non déclarés aux mêmes personnes.
L'hypothèse d'un financement de syndicats de salariés ou de corruptions
ponctuelles de délégués syndicaux est examinée mais n'a pas été confirmée. Les
principales confédérations ont démenti mais d'anciens syndicalistes ont dit
dans la presse avoir connu ces pratiques.
La piste politique est aussi prise en compte, d'autant que d'importants
montants ont été retirés au moment des élections présidentielles de 2002 et
2007. Des anciens dirigeants patronaux ont expliqué dans la presse de leur côté
que les fonds secrets de l'UIMM étaient collectés pour aider les entreprises
victimes de grèves.
Le Medef condamne l'affaire
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a condamné les pratiques de l'UIMM
mais dit qu'elle ne se constituerait pas partie civile. Denis
Gautier-Sauvagnac, qui était le principal négociateur du Medef, a quitté ses
fonctions.
L'affaire a provoqué des critiques du Parti socialiste, qui a remarqué que le
procureur Jean-Claude Marin, qui a ouvert une enquête préliminaire le 26
septembre, l'a conservée sous son contrôle pendant deux mois, sans faire
interroger Denis Gautier-Sauvagnac. Selon des informations de presse, ce
dernier aurait eu le temps de suivre une formation à la garde à vue. AP