|
|
Financement
du RPR
Ouverture d'un dossier
visant Jacques Chirac
Un dossier rassemblant des éléments qui visent Jacques Chirac a été
ouvert jeudi au tribunal de Nanterre par le juge Alain Philibeaux, qui
instruit l'affaire sur le financement du RPR, affirme Le Monde dans
son édition datée de dimanche-lundi. Ces poursuites sont diligentées
contre X en raison de l'immunité dont dispose le chef de l'Etat, selon
le quotidien qui précise qu'elles visent cependant Jacques Chirac en
tant qu'ancien maire de Paris et président du RPR, sous les qualifications
pénales de « prise illégale d'intérêt » et de « recel de prise illégale
d'intérêt ». Par une « ordonnance de disjonction » rendue jeudi, le
juge de Nanterre Alain Philibeaux a écarté de l'enquête ouverte en 1996
- et dans laquelle sont mises en examen une trentaine de personnes,
dont le président de l'UMP, Alain Juppé - les éléments « susceptibles
d'être reprochés à M. Chirac » afin que ceux-ci puissent constituer,
le moment venu, les charges retenues à son encontre, selon Le Monde.
D'après le quotidien, M. Chirac sera mis en cause par la justice quand
il quittera l'Elysée pour avoir « été le bénéficiaire du système qui
permettait à la mairie de Paris de financer les salaires des cadres
du RPR ». Le quotidien ajoute que le juge, dans son « ordonnance de
disjonction », précise que s'il ne peut entendre le Président pendant
son mandat, la Convention européenne des droits de l'Homme impose qu'un
procès puisse se tenir dans un « délai raisonnable » à l'égard de la
trentaine de personnes poursuivies dans cette affaire, dont Alain Juppé.
L'enquête porte sur les emplois présumés fictifs dont auraient bénéficié
des permanents du RPR auprès de la mairie de Paris et d'une vingtaine
d'entreprises du BTP, souvent attributaires de marchés publics de la
capitale. Par ailleurs, selon Le Monde, dans l'affaire des chargés de
mission de la Ville de Paris - à savoir des personnes recrutées en qualité
de « chargé de mission » qui n'étaient, en réalité, pas affectées au
service de la municipalité -, la juge Colette Bismuth-Sauron envisage
de mettre en examen, début 2003, quatre anciens directeurs et directeurs
adjoints de M. Chirac à la mairie de Paris.
Selon les termes des convocations adressées « au début de la semaine
», les poursuites dont ils doivent faire l'objet mentionnent les qualifications
pénales de « détournement de fonds publics » et « faux en écriture publique
commis par un dépositaire de l'autorité publique ».
|