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AFFAIRES La plus grande partie du
dossier d'instruction ne sera jamais jugée
Emplois fictifs de la Ville de Paris : la cour d'appel
décide la prescription
Eric
Decouty
[06 décembre 2003]
L'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris, dans
laquelle les quatre anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac à l'Hôtel
de Ville de 1983 à 1995, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et
Rémy Chardon, sont poursuivis pour «détournements de fonds publics», risque
fort de ne jamais être jugée. La chambre de l'instruction de la cour d'appel
de Paris a en effet rendu, hier, un arrêt considérant que l'essentiel des
faits visés dans la procédure était prescrit. Les magistrats de la cour se
sont ainsi ralliés aux arguments du parquet général qui avait effectué une
telle analyse lors de l'audience, le 31 octobre. Le parquet général
avait lui-même fait sienne l'analyse des avocats de deux anciens directeurs
de cabinet de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, Daniel Naftalski et Michel
Roussin, et de l'ancien secrétaire d'État Raymond-Max Aubert, tous trois mis
en examen.
Pour autant, c'est à l'initiative d'Yves Bot, procureur de la République de
Paris, que la chambre de l'instruction avait été saisie l'été dernier,
celui-ci estimant le premier que les faits étaient prescrits.
L'arrêt de la chambre de l'instruction se fonde, elle, sur la situation
suivante. En juillet 1995, le parquet de Paris avait ouvert une enquête
préliminaire dans laquelle était apparue l'existence présumée d'emplois
fictifs à la Mairie de Paris. Dans le cadre de ces investigations, Michel
Roussin et Raymond-Max Aubert avaient d'ailleurs été entendus par les
policiers. Quelques semaines plus tard, le 18 août 1995, l'enquête avait
été classée sans suite. Puis, en décembre 1998, suite au dépôt de plainte
avec constitution de partie civile du militant écologiste Pierre-Alain
Brossault, elle était relancée et une information judiciaire ouverte et
confiée au juge Colette Bismuth-Sauron, actuellement en charge de
l'instruction.
Devant la cour, les avocats des mis en examen ont plaidé que le détournement
de fonds publics est prescrit trois ans après la constatation du délit, ce
qui correspond à la période visée dans l'affaire. De plus, ils ont insisté
sur le fait qu'aucun acte d'investigation n'avait été effectué durant ces
trois années (d'août 1995 à décembre 1998), la prescription n'ayant
donc pas été interrompue.
Le dossier n'est pas pour autant complètement refermé: trois anciens
directeurs de cabinet à la Mairie de Paris, Michel Roussin (1989-1993), Rémy
Chardon (1993-1995) et Bernard Bled (1995-1998) sont également poursuivis
pour «faux en écriture par personne dépositaire de l'autorité publique», une
qualification criminelle dont la prescription court sur 10 ans. La
défense a cependant d'ores et déjà annoncé qu'elle allait demander
l'annulation de ce dernier pan du dossier.
Depuis hier, la perspective d'un procès s'est donc éloignée pour les
personnalités poursuivies parmi lesquelles le député UMP de Paris Jean
de Gaulle, François Debré (frère de Jean-Louis et Bernard Debré) ou Marc
Blondel, secrétaire général de Force ouvrière.
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