Le patronat a toujours financé les syndicats, affirme l'ancien
patron des patrons
résident du Conseil national du patronat français (CNPF) de
1981 à 1986, Yvon Gattaz a assuré, mardi 16 octobre, que l'argent
"donné de
la main à la main" par le patronat avait toujours été un mode de
"financement normal" des syndicats. En pleine affaire Gautier-Sauvagnac,
à qui les enquêteurs reprochent des retraits en espèce pour près de 20 millions
d'euros, peut-être destinés aux syndicats, M. Gattaz a appelé les chefs
d'entreprise à
"faire la révolution" dans leur financement.
"Il faut appeler un chat, un chat. (...)
Il était de tradition
dès 1884 qu'il y eût une caisse qui alimentait les syndicats", a déclaré
mardi sur France Inter l'ex-président du CNPF, l'ancien nom du Medef.
"Ce
n'était pas arroser pour peser [dans les négociations salariales]
, c'est
un financement normal", assure M. Gattaz.
"PERSONNE NE S'EN METTAIT DANS LA POCHE"
Si Yvon Gattaz soutient que "personne ne s'en mettait dans la poche, ni
les responsables patronaux, ni les responsables syndicaux", il n'en juge pas
moins ce "moyen de financement pas clair du tout, tout à fait glauque,
inavoué et tacite." Et de conclure : "C'était l'omerta et il fallait bien
qu'un jour, ça éclate."
Dès lors, estime l'ancient patron des patrons, à l'image de ce qui a été fait
pour les partis politiques, "il faut revoir complètement le mode de
financement des syndicats, c'est le moment ou jamais de faire la révolution en
France" dans ce domaine. "Il ne doit plus y avoir cette irresponsabilité
totale, tous ces circuits inavoués, tout ceci n'est pas digne d'un pays moderne
comme la France", conclut M. Gattaz.