mardi
12 septembre 2006, 10h31
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Sept CRS accusé de viols,
dix soupçonnés de racket
PARIS (Reuters) - Sept CRS ont été
renvoyés en cour d'assises pour des viols présumés sur des prostituées commis
sur les boulevards extérieurs de Paris au printemps 2003, apprend-on de source
judiciaire.
L'ordonnance de renvoi, rendue en
mai dernier, a été connue seulement mardi, fortuitement, à l'occasion d'un autre
affaire de racket de taxis où sont soupçonnés d'autres policiers de la même
unité, la 7e compagnie républicaine de sécurité (CRS) du Val-d'Oise.
Une jeune prostituée albanaise s'est
constituée partie civile. Les sept accusés, libres sous contrôle judiciaire
après une période de détention provisoire, seront jugés pour "viols en réunion
par personnes dépositaires de l'autorité publique" et "non-dénonciation de
crime".
L'enquête a établi que les policiers
étaient en uniforme et avaient utilisé leur voiture de service pour avoir des
relations sexuelles avec plusieurs prostituées, sur des aires de stationnement.
Les prostituées, des étrangères, ont
affirmé devant l'IGS (Inspection générale des services, la "police des polices")
que les fonctionnaires avaient
négocié les tarifs en échange d'une clémence policière, ce que niaient les
suspects. Ils affirmaient avoir été en civil et parlaient d'un simple
marchandage financier.
L'IGS estimait dans un rapport
publié dans la presse en 2003 qu'il "apparaît de manière dramatique que les
faits ne sont pas isolés et exclusivement dûs à une consommation d'alcool mais
font partie de pratiques répandues auprès de plusieurs membres de la section" de
CRS.
Dix policiers de la même compagnie
de CRS ont été placés lundi en garde à l'IGS dans une enquête visant des
extorsions de fonds présumées de chauffeurs de taxi, dit-on de même source.
Le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis)
devrait décider dans la journée l'ouverture d'une information judiciaire dans
cette enquête ouverte après des plaintes d'une douzaine de chauffeurs de taxis.
Ils affirment avoir été victimes des
policiers lors de contrôles sur l'autoroute A 1, entre Paris et Roissy. Les CRS
auraient exigé des paiements allant de 50 à 150 euros en liquide en échange de
clémence pour des infractions souvent imaginaires.
Selon le journal Le Parisien, deux
des CRS suspects ont avoué les faits. Le parquet de Bobigny s'est refusé à
"confirmer ou infirmer" cette information.