Mardi 12 Septembre
2006
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NOUVELOBS.COM | 12.09.06 |
12:34![]()
Sept CRS de Deuil-la-Barre, accusés d'avoir violé de jeunes
prostituées en 2003, sont renvoyés aux assises. Dix de leurs collègues auraient
racketté des taxis.
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S ept CRS
de Deuil-la-Barre (Val d'Oise) ont été renvoyés devant la Cour d'assises de
Paris au mois de mai dernier pour avoir sexuellement abusé de jeunes prostituées
étrangères dans la capitale en 2003, a-t-on appris mardi 12 septembre de sources
judiciaires.
Le juge d'instruction Marc Sommerer a signé le 16 mai une
ordonnance de mise en accusation renvoyant devant les assises trois policiers
pour "viols aggravés en réunion par une personne abusant de l'autorité conférée
par ses fonctions" et quatre autres pour complicité. Tous sont en liberté sous
contrôle judiciaire.
La date du procès n'est pas fixée. Les faits sont
passibles de vingt ans de réclusion criminelle.
Ces viols de prostituées
avaient été portés à la connaissance de l'Inspection générale des services (la
police des polices) par des associations en lien avec les prostituées. Ils
avaient fait l'objet d'une enquête interne qui a conclu à leur
authenticité.
Dix CRS de la même compagnie sont actuellement en garde à vue à
l'Inspection générale des services (IGS) soupçonnés d'avoir racketté des
chauffeurs de taxi parisiens, précise Le Parisien dans son édition de
mardi.
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Devant la gravité des
accusations, le juge d'instruction a fait rechercher l'une des victimes, qui
avait quitté la France, pour obtenir son témoignage. Celle-ci, une Albanaise de
26 ans, est partie civile dans le dossier.
"Parce que tu es
belle"
Les autres victimes, au moins quatre autres prostituées,
ont disparu après les faits par peur des policiers et n'ont pas pu être
retrouvées.
Le 8 avril 2003 vers 22h00, une voiture de police sérigraphiée
s'arrête à la hauteur d'une prostituée, sur le boulevard Ney (Paris XVIIIe).
Prétextant un contrôle, deux policiers en uniforme munis de leur arme de
service, embarquent la jeune femme pour, disent-ils, la conduire au
commissariat.
- Pourquoi me contrôlez-vous et pas ma voisine ?, demande alors
la jeune femme. "Parce que tu es belle", répond le policier, selon le récit de
la prostituée.
Toujours selon le récit de la jeune femme, le véhicule, dans
lequel flotte une forte odeur d'alcool, emprunte l'autoroute A1 jusqu'à un
terrain isolé de la plaine Saint-Denis, où les policiers la contraignent à des
relations sexuelles pour pouvoir récupérer ses papiers.
"Je fais pour toi
petite surprise, tu fais pour moi petite surprise", aurait expliqué l'un des
policiers à la victime en brandissant ses papiers.
Relations sous
contrainte
La prostituée est ensuite ramenée à son point de
départ.
Vers 03h00 du matin, les deux hommes accompagnés d'un autre collègue,
abordent deux autres prostituées sur le même boulevard. Ils les conduisent au
même endroit et les contraignent à des relations sexuelles après leur avoir
confisqué leurs papiers.
Mais lorsque deux des policiers décident d'imposer
aux femmes des relations entre elles, l'une tente de prendre la fuite. Elle est
rattrapée et embarquée de force dans la voiture.
S'apercevant que leurs
agresseurs ne les ramènent pas à Paris, les deux femmes paniquent et sautent de
la voiture en marche. Elles sont recueillies par un chauffeur routier.
Les
trois policiers ont reconnu lors de l'enquête avoir eu des relations sexuelles
avec les prostituées. Ils ont expliqué avoir obtenu la gratuité des prestations,
soit par des pressions morales directes, soit par l'utilisation en toute
connaissance de cause des attributs de leurs fonctions, selon l'IGS.
Pour se
justifier, l'un d'entre eux a relaté des faits similaires impliquant quatre
autres de ses collègues de la CRS 7 qui sont également
poursuivis.