01/12/2010
à 00h02 - mis à jour le 01/12/2010 à 17h39 | 1980
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29 novembre 2010 par Laurent Mauduit
« La
France est à la veille d'une réforme gravissime, l'une des plus lourdes depuis
la Libération: à petits pas, sans le dire, Nicolas Sarkozy prépare une
privatisation rampante de la Sécurité sociale. C'est à la faveur du dossier de
la dépendance, présenté comme le grand chantier présidentiel de l'année 2011,
que les premiers coups de boutoir seront donnés contre ce système clef de
l'Etat providence que les Français perçoivent à juste titre comme leur premier
et principal acquis social, le pivot essentiel de notre modèle social.
Rien n'est dit
publiquement. Dans toutes ses déclarations officielles, Nicolas Sarkozy jure
même de son attachement à la Sécurité sociale, qui, depuis sa fondation en
1945, repose sur le système de la répartition, c'est-à-dire sur un système
collectif et solidaire, tournant le dos au système de l'assurance privée
individuelle. Depuis des lustres, le lobby très puissant des assureurs privés
rêve de mettre à bas ce système. Et pour la première fois, un gouvernement,
celui de François Fillon, s'apprête à accéder à ses demandes. »
« Le premier à s'être exprimé sur le
sujet est Nicolas Sarkozy. C'est lui, lors de son récent entretien télévisé, le
16 novembre, qui a indiqué que le dossier de la dépendance serait le grand
chantier de 2011. Et en apparence, il en a parlé dans des termes qui ne
justifient aucune inquiétude. Indiquant que la réforme gouvernementale serait
introduite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale débattue
à l'automne 2011 au Parlement et qu'elle serait précédée d'une grande
consultation s'étalant sur six mois, il a en apparence été fidèle à cette
tradition qu'incarne la Sécurité sociale.
Rappelant qu'en
2040, la population des plus de 60 ans aura progressé de +30% voire +50%, le
président de la République a évoqué la nécessité d'aboutir à un «système
juste et équitable» pour qu'une personne âgée où «qu'elle se trouve sur
le territoire puisse vivre dignement chez elle ou dans une maison (...) Nous
réglerons la question de la dépendance (...) et apporterons une réponse à
l'angoisse des gens». Que redire à cela ?
Une protection
sociale généreuse pour les riches, réduite pour les pauvres
Soulignant qu'il
« y a 250.000 personnes de plus par an victimes d'Alzheimer» en France,
il a ajouté que son ambition était de résoudre la «question de la place des
personnes âgées dans la société », « la question de la dignité des
vieux, d'une population dont la vieillesse augmente, et d'enfants qui sont
totalement démunis » face à la dépendance de leurs parents âgés.
Mieux que cela!
Le chef de l'Etat a aussi apporté cette précision, qui peut sembler lever les
ultimes inquiétudes: cette réforme devra déboucher sur la création à l'automne
prochain «d'un nouveau risque, une nouvelle branche de la Sécurité sociale»,
la dépendance, aux côtés des quatre branches actuelles que sont la maladie, la
famille, la retraite et les accidents du travail. En clair, le propos suggérait
que ce nouveau risque, qui va exploser dans les années futures, ne sera pas le
prétexte à un contournement de la Sécurité sociale. « Je souhaite la
création, pour la première fois depuis la Libération, d'un nouveau risque,
d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le Cinquième Risque », a
dit Nicolas Sarkozy.
Seulement voilà!
Après ces propos rassurants, le chef de l'Etat a aussi glissé, comme si de rien
n'était, d'autres remarques qui n'ont guère fait de bruit. Cela a été dit
habilement, sous la forme de questions. Mais cela mérite tout de même
attention. « Faut-il faire un système assurantiel ? Obliger les gens à
s'assurer ? Faut-il augmenter la CSG ?
Faut-il avoir recours à la
succession quand les enfants n'ont pas la volonté ou pas les moyens ? »
L'air de rien,
au milieu d'autres pistes, Nicolas Sarkozy pose donc la question: «Faut-il
faire un système assurantiel ? » En clair, faut-il sortir de la Sécurité
sociale pour faire couvrir ce risque par les assureurs privés? Le chef de
l'Etat n'a pas répondu à ses propres questions; il a juste suggéré que toutes
les pistes étaient ouvertes.
Mais en fait, on
va vite voir que ces interrogations présidentielles sont au cœur des éléments
de langage, si l'on peut dire, que l'exécutif a mis au point pour préparer les
esprits à une privatisation rampante de la Sécurité sociale.
Ecoutons en
effet ce que dit, quelques jours plus tard, le 24 novembre, François Fillon,
lorsqu'il prononce devant l'Assemblée nationale sa déclaration de politique
générale : «Avec l'emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre
système de protection sociale s'imposent à nous. Nous avons commencé avec la
réforme des retraites. Avec Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, nous allons
poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l'assurance
maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre
responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la
protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les
professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités
territoriales, au premier rang d'entre elles les conseils généraux.
»
Et il ajoute: «Cette
concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question
de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d'euros et il devrait
atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75
ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier
lieu de déterminer les besoins réels des personnes, d'examiner comment assurer
le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il
faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou
facultative, collective ou individuelle ?»
Il faut donc là
encore soupeser chaque mot. Car en posant des questions similaires à celles du
chef de l'Etat – « assurance obligatoire ou facultative, collective ou
individuelle ?» –, François Fillon casse un tabou: il prépare, lui aussi,
les esprits à ce que la Sécurité sociale ne soit plus le bouclier naturel qui
protège les Français d'un risque majeur, avec ses sources de financements
habituelles (cotisations sociales ou CSG), et à ce que les assureurs privés
puissent mettre la main sur cet alléchant et gigantesque marché. En clair, en
avant vers un système de protection sociale à deux vitesses, avec un système de
protection étendue ouvert aux plus riches qui auront les moyens de s'assurer;
et un système pour les plus pauvres régi par la solidarité, mais ne couvrant
plus tous les risques! Autrement dit, les vieux riches seront protégés, mais
pas les vieux pauvres!
Un plaidoyer de
l'UMP pour le lobby de l'assurance privée
Dans ce plan de
communication, c'est enfin la ministre des solidarités, Roselyne Bachelot qui, dans un
entretien au Figaro, le 26 novembre, a sonné la dernière
charge en date contre la Sécurité sociale: «Des mesures législatives doivent
être votées à l'automne 2011 dans le cadre du projet de loi de financement de
la Sécurité sociale pour 2012. Mais nous ne partons pas de rien! Plusieurs
rapports, dont le dernier, celui de Valérie Rosso-Debord, posent les enjeux et
les solutions qui peuvent être envisagées. Par ailleurs, la dépendance
représente déjà 22 milliards d'euros, dont 5 milliards financés par les
départements et 17 milliards par l'État essentiellement via la Sécurité
sociale. Le débat devra aussi affiner les besoins futurs, qui sont évalués
actuellement à 30 milliards d'euros.»
Question du Figaro:
«Que pensez-vous de l'éventuelle mise en place d'une assurance privée? »
Réponse de la ministre: «Je ne veux pas encore me prononcer. Le débat à
venir sera aussi un débat de prise de conscience pour nos concitoyens. Les
Français devront s'exprimer sur ce qu'ils jugent être la meilleure solution.
Quelle pourrait être la part de l'assurance par rapport à la solidarité?
Comment s'organiserait leur articulation? » Là encore, donc, même message
subliminal, celui de la transgression: il ne faut rien exclure, et surtout pas
le recours à l'assurance privée...
Le message n'est
d'ailleurs pas même subliminal ; il est explicite. Car Roselyne Bachelot
souligne qu'un rapport pose «les enjeux et les solutions qui peuvent être
envisagées», celui de la députée UMP Valérie Rosso-Debord. Or, ce rapport,
qui a été présenté à l'Assemblée nationale en juin dernier dans le cadre d'une
mission de réflexion sur la dépendance, permet de décoder les projets du chef
de l'Etat et du gouvernement, car tout y est dit, avec beaucoup moins de
précautions de langage.
L'intérêt de ce rapport, c'est d'abord qu'il
présente les enjeux de ce nouveau risque qui apparaît, celui de la dépendance,
compte tenu des évolutions démographiques, de l'allongement continu de
l'espérance de vie et donc du vieillissement de la population, ainsi que de
l'extension de certaines maladies, comme celle d'Alzheimer.
Un Français sur trois
aura plus de 60 ans en 2050, contre près d'un sur cinq aujourd'hui, et plus de
15% de la population sera âgée de plus de 75 ans. «Le nombre des personnes
âgées de soixante ans ou plus devrait s'accroître de près de 50 % par rapport à
aujourd'hui, la hausse la plus forte se produisant dans les années 2030. En
conséquence, près d'un habitant sur trois aurait alors plus de soixante ans
contre près d'un sur cinq en 2010 et d'un sur quatre à compter de 2020»,
dit le rapport.
Si l'on retient
aujourd'hui les critères d'attribution de l'Aide personnalisée d'autonomie,
qui a été créée en 2000 par Lionel Jospin, et qui est actuellement l'un des
dispositifs publics d'aide aux personnes âgées dépendantes, le nombre des
bénéficiaires pourrait passer de quelque 700.000 en 2002 à 1,6 million en 2040.
En clair, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait connaître une
augmentation moyenne de 1% par an jusqu'en 2040. D'où, toutes dépenses
comprises, cette évaluation du coût à terme de la dépendance, avancée par Roselyne
Bachelot: 30 milliards d'euros!
Mais au-delà de
ce constat, le rapport de la députée UMP retient surtout l'attention pour les
pistes sulfureuses qu'il avance. D'abord, le rapport fait valoir (page 64) que
«nous ne sommes plus du tout dans le contexte de la création de notre
système de protection sociale». Et à l'appui de cette assertion, le rapport
appelle à la rescousse non pas Denis Kessler, mais feu le président de la Cour
des comptes, Philippe Séguin, qui avait un jour plaidé dans le même sens, au
motif que «d'un côté, nous devons faire face à une explosion des dépenses;
de l'autre, la mondialisation fait du poids des charges sociales une hypothèque
pour la compétitivité de notre pays».
Le rapport fait donc
un plaidoyer enflammé en faveur du recours (nous y voilà!)... à l'assurance
privée. C'est comme un feu roulant, qui se poursuit page après page. «De
fait, le nombre de Français ayant souscrit une assurance dépendance augmente
chaque année et représente aujourd'hui près de cinq millions de
personnes ayant adhéré par l'intermédiaire d'une mutuelle ou d'une institution
de prévoyance (trois millions de personnes) ou de sociétés d'assurances (deux
millions), situant notre pays à la deuxième place des pays industrialisés»,
lit-on ainsi (page 86).
Cette remarque
se poursuit par une note en bas de page qui ajoute: «La Fédération française
des sociétés d'assurance comptait 2.007.600 assurés versant 387,6 millions
d'euros de cotisations (au titre d'un contrat pour lequel la dépendance est la
garantie principale) et versait 112,4 millions d'euros de rente en 2008. En
2009, 2.024.200 assurés versaient 403,1 millions d'euros de cotisations tandis
que 127,7 millions d'euros de rente étaient servis.»
Le travail en
tandem des frères Sarkozy
Et tout cela
débouche (page 87), sur ce qui est le cœur du rapport, et qui pourrait avoir
pour titre: A bas la Sécu! Vive le lobby de l'assurance privée!..
On lit en effet
ceci: «Les sociétés d'assurance, ayant désormais une vingtaine d'années
d'expérience de la gestion du risque dépendance, estiment avoir suffisamment
défini le risque statistique – deviendront dépendants 15 % d'une
génération
atteignant l'âge de 65 ans et 60% d'une génération atteignant
90 ans – pour
proposer des contrats assurant des rentes
mensuelles moyennes de 1.000 euros par
mois pour des cotisations
mensuelles s'élevant à 30 euros pour une personne de
soixante ans et à
21 euros pour une personne de quarante ans.
La mission propose de rendre
obligatoire dès cinquante ans la
souscription d'une assurance des
personnes contre la perte d'autonomie
auprès de l'établissement
labellisé de leur choix : mutuelle, société de prévoyance
ou société
d'assurance.»
Au moins, les
choses sont dites sans détour. Ce qui laisse à penser qu'en fait, comme dans le
cas de la réforme des retraites, les choix sont déjà faits, avant même qu'une
pseudo concertation ne commence. Et le rapport ajoute (page 88): «Les
mutuelles, sociétés de prévoyance et sociétés d'assurance devraient
assurer progressivement la prise en charge de toutes les personnes
atteintes par
une perte d'autonomie quelle qu'ait été la durée de leur
assurance, dans la limite
du socle minimal garanti pour le degré de
dépendance qui est le leur.
À cette fin, la mission propose que ces
institutions constituent et gèrent
un fonds alimenté par un pourcentage
prélevé sur chaque cotisation, dont
elles définiront le montant en
commun.»
En résumé, le
rapport fait donc deux propositions principales: «Rendre obligatoire dès
l'âge de cinquante ans, la souscription d'une assurance perte d'autonomie liée
à l'âge et assurer son universalité
progressive par la mutualisation des
cotisations et la création d'un fonds de
garantie. Maintenir à titre
transitoire une prise en charge publique.»
C'est donc bel
et bien une privatisation rampante de la Sécurité sociale qui se prépare. Et
cette privatisation, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne concerne
pas que ce nouveau risque de la dépendance. Comme un virus, ce transfert vers
l'assurance privée risque de se propager dans tout le système: c'est bien ce
qu'ont compris les assureurs privés, qui se préparent à un véritable «big bang»
de la Sécurité sociale. Et comment ce virus de la privatisation pourrait-il se propager
de ce cinquième risque aux quatre précédents? Impossible, pensera-t-on ;
l'Elysée peut certes faire le jeu des assureurs pour la dépendance, mais nul ne
va pas prendre le risque de dynamiter toute la Sécurité sociale.
Eh bien si! Tout
le danger est là : la dépendance risque d'être le cheval de Troie des
assureurs pour entrer dans le système de la couverture sociale, jusque-là
dévolue à la Sécurité sociale.
Les frères
Sarkozy
Pour comprendre le
tour de passe-passe, il suffit de décortiquer le projet de joint-venture conclu
par la Caisse nationale de prévoyance (CNP, une société contrôlée indirectement
par l'Etat) et le groupe financier Malakoff Médéric, qui est spécialisé dans la
retraite complémentaire et dont le patron est un certain... Guillaume Sarkozy,
le frère du chef de l'Etat (voir nos enquêtes Réforme des retraites: la ronde
des frères Sarkozy, Retraite: la joint-venture des
frères Sarkozy contre les régimes par répartition), que la Banque
de France vient de bloquer provisoirement (voir notre article Retraite:
la Banque de France bloque la joint-venture des frères Sarkozy).
Si ce
projet est dangereux, c'est en effet qu'il repose sur l'hypothèse que les
régimes de retraite par répartition, ceux de la Sécurité sociale, serviront au
fil des ans aux retraités des pensions de plus en plus faibles et que cela
offrira aux assureurs privés un marché très rentable. C'est dit très nettement
dans le document conclu entre les associés pour créer cette joint-venture,
révélé par Mediapart, que l'on peut consulter (sur le site Médiapart).
La fin des
«jours heureux»
Dans ce
document, il est en effet bien expliqué que le taux de remplacement (le montant
de la pension de retraite en pourcentage de ce qu'était le salaire) va de plus
en plus décliner: «A l'horizon 2020, selon le rapport du Comité
d'orientation des retraites (COR), une baisse du taux de remplacement de
l'ordre de 8% est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est
toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière et
dépend fortement des hypothèses prises dans les travaux du COR.» Et les
conjurés s'en frottent par avance les mains: «Un complément d'épargne annuel
de 40 milliards à 110 milliards d'euros en 2020 serait nécessaire pour
maintenir le niveau de vie des futurs retraités.»
Mais si on lit
bien ce document, il dit plus que cela... Non seulement les assureurs privés
vont pouvoir mettre la main sur le risque de la retraite, mais en fait, s'ils
jouent habilement, ils vont aussi pouvoir devenir des acteurs majeurs de tout
le système de la protection sociale, en offrant des assurances individuelles ou
des systèmes de couverture d'entreprise, qui couvriront en fait tous les
risques: celui de la retraite complémentaire mais aussi de la dépendance.
En quelque
sorte, les assureurs et les groupes privés de retraite complémentaire ont bien
compris, Guillaume Sarkozy le premier, qu'ils vont pouvoir offrir du même coup,
dans le cadre de contrats individuels ou de contrats d'entreprise, des
“packages” d'assurance privée englobant la dépendance aussi bien que la
retraite complémentaire. C'est très bien détaillé dans ce projet CNP-Médéric
notamment aux pages 9, 13, 21 et 25.
Les
déremboursements de médicaments que le gouvernement accélère depuis 2007
permettent dans le même temps aux mêmes assureurs d'englober dans leurs
“packages” des offres portant aussi sur le risque maladie, de moins en moins
bien couvert par la Sécurité sociale.
L'hypocrisie de
Nicolas Sarkozy est donc totale, puisque un groupe à capitaux publics, la CNP,
a conclu avec la bénédiction de l'Elysée un accord avec... son frère, Guillaume
Sarkozy, afin de préempter dès à présent le marché alléchant de la retraite et
de la dépendance. En quelque sorte, c'est une affaire de famille: Nicolas
Sarkozy va ouvrir aux assureurs privés des risques autrefois assurés par la
Sécurité sociale; et c'est son frère, avec le renfort de la CNP et donc de
l'Etat, qui sera l'un des mieux placés pour ramasser la mise. On en trouve
confirmation sur le site internet de Malakoff Médéric : Guillaume Sarkozy
mise gros sur la dépendance. »
« Car c'est
effectivement une réforme gravissime qui se dessine: le dynamitage du pivot central
du modèle social français. »...